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Les Orientations Diocésaines

Une école à l'architecture marquée par les strates du passé

Petit historique de l’Ecole Ste Marie à St Ideuc

(recherches effectuées par Jean-Luc Pléven ancien directeur de l'école pour intervenir en classe auprès des CM2 cette année)

 

Depuis 1850 on cherche à développer en France  l'enseignement primaire avec  le principe d'une école de garçons dans toutes les communes et d'une école de filles pour « celles qui en ont les moyens »

 

En 1881, la loi du 16 juin proposée par le ministre Jules Ferry établit la gratuité de l’école primaire. L’année suivante la loi du 28 mars 1882 impose l’obligation de l’école pour tous les enfants de 6 à 13 ans. Dans toute la  France 16000 écoles vont être construites en quelques années. 

Les écoles catholiques étaient alors peu nombreuses, surtout dans les campagnes. En 1881, le chanoine Boisard, prêtre à St Ideuc , demande aux sœurs de la congrégation des Chênes d’ouvrir une école à St Ideuc. Il s’engage à prêter pour cela une maison et la première rentrée scolaire a lieu le 1er septembre 1881. On connait le nom de la première religieuse directrice : Victoire Baron, Sœur Marie Théophile …, et de l’autre sœur institutrice Sœur Basilide. 

Le bâtiment qui servait d’école, et qui n’existe plus aujourd’hui , était au N°50 de la rue de St Ideuc. Dès le premier jour, 32 enfants étaient présents, des filles et des garçons. 

 

En 1901, puis en 1904, , une loi interdit aux congrégations  religieuses  d’enseigner. L’école aurait du fermer. Mais ici, à St Ideuc, les sœurs, dès juillet 1902, demandent  l’autorisation d’ouvrir une nouvelle école avec des enseignantes qui ne sont plus en tenue de religieuses. Cette demande est refusée par la sous/préfecture. Malgré ce refus l’école rouvre, dans le même endroit avec comme directrice Marie  Renouard ( Sœur Marie de l’Espérance).  La mairie de Paramé accepte cette ré-ouverture . 

En 1919, les garçons ne sont plus acceptés  et l’école n’est plus mixte.

Le local qui servait d’école devient vétuste et trop petit et on cherche un nouvel endroit.

En janvier 1921, Berthe Plisson , commerçante, reçoit en héritage de sa nièce Madeleine Aubault ( devenue Sr de St Vincent de Paul) une propriété « Mon repos » ou « Mon désir » pour y installer l’école des filles de la paroisse de St Ideuc.

Berthe Plisson fait construire deux classes et un préau. 

En juin 1944, au moment du débarquement en Normandie, les élèves et les enseignants de plusieurs écoles quittent  St Malo. Les religieuses et les filles de l’école partent à pied jusqu’à La Fresnais (16km)

En août 1944, au moment de la bataille de St Ideuc la maison d’habitation et les classes sont touchées par des obus. Des blockhaus qui bloquaient l’accès vers St Malo sont toujours présents très proches de l’école.

Et donc la rentrée des classes, il n’est pas possible d’utiliser les locaux. Une autre maison, près de l’église, va provisoirement servir d’école .

Comme les bâtiments ont été endommagés, l’école va recevoir de l’argent pour pouvoir réparer, on appelle cela « dommages de guerre ». Le bâtiment central est réaménagé pour installer un dortoir au deuxième étage.

En 1956 une classe est construite à la place du hangar où les élèves mangeaient le midi.

En 1972, une nouvelle classe est ouverte pour accueillir les enfants avant 6 ans . Cette classe maternelle était dans le bâtiment  qui servait de salle de jeux (rasé en 2021).

Puis en 1988, un nouveau bâtiment de deux classes est construit sur la pelouse. En 1990 une autre classe en préfabriqué est adossé aux sanitaires.

Un grand préau, en septembre 1995 , remplace le  premier préau trop petit. 

Aujourd’hui d’autres classes neuves sont venues  remplacer les préfabriqués.

De 1881 à 1984, 18 religieuses ont été directrices de cette école.  J’ai remplacé comme directeur , en 1984,  Sr St Melaine , Maria Péron,. Votre directrice actuelle est la 23 ème. 

 

 

 

Deux familles malouines

 

Nous sommes au milieu du 19ème siècle à St Malo, à l’intérieur des remparts.

La première famille est celle d’Eugène Célestin Plisson qui  épouse en 1848 Jeanne Marie de la Doislenière. Ils habitent rue St Vincent et Eugène Plisson est commis négociant. Ils ont au moins deux enfants qui nous intéressent. Il s’agit de Eugénie qui nait en 1849 et de Berthe qui nait en 1853. Ils ont également une domestique.

 

La seconde famille est celle de Adolphe Aubault. Son père était receveur des Hospices de st Malo. Il est né en 1845 et habite rue Maupertuis. En 1872 , il est capitaine au long cours et il épouse à St Malo Eugénie Plisson . Ils ont eu  peut-être d’autres enfants mais je n’ai trouvé que leur fille Madeleine née le 15 octobre 1881. Hélas la maman, Eugénie Plisson, décède moins d’un mois plus tard, le 12 novembre 1881, âgée de 32 ans.

 

La famille Plisson a quitté son  logement de la rue St Vincent et viennent habiter St Ideuc, sans doute proche du presbytère. C’est là que Eugène  décède en 1894 (77 ans). Sur son acte de décès il est inscrit « propriétaire ». On retrouve le nom de  sa femme (68ans)  et sa fille Berthe(42ans) sur les Tables de recensement de 1896 . Vit également avec elles Madeleine Aubault qui a 15 ans. Deux domestiques sont à leur service.

Au recensement de 1901, Berthe Plisson est enregistrée comme épicière. Sa nièce Madeleine habite encore avec elle. Il ne reste qu’une domestique.

Madeleine Aubault devient religieuse St Vincent de Paul à St Malo. Elle décède le 23 février 1915 à l’hospice de la rue St Sauveur, mais avait reçu deux ans plus tôt une  propriété appartenant à la famille de Joseph COR et elle avait fait de Berthe Plisson sa légataire .

Berthe Plisson continue d’habiter St Ideuc jusqu’en 1929 (à l’âge de 76 ans) .

 

Une impasse à St Ideuc porte son nom : l’impasse Berthe Plisson.

 

Ecole Sainte-Marie en 1912

Ecole Sainte-Marie après 1950

Le 1er Septembre 1881

Le recteur Boissard procède à la création d'une école de filles et la confie à la Congrégation des Saintes Sœurs de Jésus et de Marie. L'école accueille alors 32 filles.

 

1902 année de Laïcisation

Mlle de Montigny rouvre l'école de St Ideuc : "Ecole Privée Mixte", elle s'engage à n'employer aucune adjointe congréganiste, conformément à la loi du premier juillet 1901.

 

Janvier 1921

Mlle Plisson donne une propriété entourée de murs qui tombe en ruine. Elle y fait construire à ses frais deux classes (actuellement occupées par les CE), le préau, les sanitaires et aménager un dortoir dans la maison d'habitation.

 

1944

L'école souffre de la guerre et des bombardements : on peut toujours remarquer sur les murs divers impacts. L'école est en partie détruite : les réparations seront faites au titre de dommages de guerre.

 

Témoignage de soeur Lucie datant de 1944 retrouvé dans les archives de l'école.

 

 

ECOLE SAINTE-MARIE – St IDEUC

 

Juin 1944 : Comme tous les gens du voisinage, nous sommes contraintes de fuir, si nous tenons à la vie. Avant de partir, les lapins et poules sont mis « en vacances ». Comment ont-ils réussi l’apprentissage de la liberté ? – Dieu seul le sait !

Un dernier regard à notre petite école et avec la brouette et nos bagages dedans nous partons à pied vers une destination imprévue ! …Partout ce n’est que vrombissement d’avions, ponctués de temps à autre des hurlements des sirènes…

Rien de bien engageant pour partir à l’aventure ! … Nous ne sommes pas rendues à la « Croix Désilles », que déjà nous avons dû nous terrer dans les fossés, tandis qu’au dessus de nos têtes, les avions mugissaient sinistrement…Sur la route de «  l’infortune » nous rencontrons une charrette. Aimablement le conducteur nous propose une place dans son véhicule ; Dieu soit loué ! Comme vous le supposez nous « embarquons » rapidement, sans délaisser notre brouette !...Dans la soirée nous arrivons à Saint-Pére-Marc-En-Poulet, dans une ferme dénommée « Les Chênes ». Nous y passons la nuit, au son des tirs d’obus : Châteauneuf tire sur Saint-Malo, Saint-Ideuc et la réciprocité se fait entendre. Par bonheur, ils ne font que troubler notre sommeil ultraléger.

Puis le lendemain midi nous partons pour la Fresnais. Sur notre route, gisent des cadavres de jeunes allemands, leur mort ne remonte qu’à quelques heures.

Le 14 août, nous décidons de rentrer à St Ideuc, les combats semblent terminés dans la région. Qu’allons nous découvrir ? Notre petite école est en droite ligne avec un nid de blockauss, terrés dans le champ de Mr Chopier.

         En arrivant à la « Croix Désilles », nous avons déjà une certaine idée des dégâts. Mais quel coup au cœur, en arrivant à notre portail…La maison a tenu le choc, mais à quel prix !...La façade est défoncée et béante, les chambres de la partie gauche, 1er et 2ème étages, ne sont qu’un amas de débris sur lesquels joue le soleil, sans rencontrer d’obstacles ; une vision d’apocalypse !...La cour, le jardin, tout est jonché de débris hétéroclites. Les classes n’ont plus que des murs lépreux, l’intérieur est un désordre indescriptible qui donne une idée des combats qui ont dû se livrer en ces lieux…

         De toute urgence, il faut se trouver un autre gîte et séance tenante nous nous mettons en recherche d’une maison moins mal en point que la nôtre. C’est alors que nous dénichons la Villa des « Roches Montigny », propriété situé au chevet de l’église, qui, elle aussi, est dans un pitoyable état !...La propriétaire de notre villa de sauvetage, habite Paris et, bientôt, elle ne tardera pas à accourir pour voir ce que sa propriété est devenue dans la tourmente.

         Elle nous y trouve déjà installées, et, au fond, ne semble pas contrariée des locataires qu’elle y trouve, de toute façon sa villa était réquisitionnée. 

Mais arrivent les premières pluies, le toit s’avère une « passoire ». Il faut rassembler tous les ustensiles susceptibles de pallier au plus pressé, coucher avec un parapluie ouvert pour ne pas subir la douche au compte-goutte et dériver l’eau.

         Sœur Agnés de l’Enfant Jésus, alors une directrice, s’en va tous les soirs, avec trois ou quatre pensionnaires, coucher à « Mon Repos », notre école mutilé, pour occuper la partie restée à peu près habitables et garder les lieux et le matériel qui s’y trouve. En l’occurrence, il s’agissait du salon, de la chambre au-dessus, le toit de cette partie au second étage assurant la protection contre les intempéries.

         Bientôt, les jeunes, nos anciens élèves, décident de faire du théâtre, pour trouver les fonds nécessaires pour la réparation de ce que fut leur « école », témoin de leurs ébats enfantins et de leurs efforts pour réussir leurs premières lettres. Ils se mettent à l’œuvre, encouragés et aidés par leurs familles et aussi en particulier par les familles Pierrepont et Badouerd qui les aident à réaliser leur projet et se joignent à eux, formant une véritable équipe unie.

         Bientôt, maçons et plâtriers, menuisiers et couvreurs s’activent sur le chantier de l’école. Pour économiser, la caisse n’étant pas renflouée à bloc, je me fais peintre pendant l’époque des vacances. Une affaire d’une semaine et quelques jours et portes et fenêtres sont reluisantes de jeunesse. 

         Enfin, vint le jour où nous pûmes réintégrer « Mon Repos ». Se posait le problème du déménagement, car nous avions une douzaine de pensionnaires à « Montigny », ce qui faisait environ dix-sept avec celles qui couchaient à « Mon Repos » en attendant la restauration.

         Pour effectuer ce déménagement, nous empruntâmes une charrette à bras, et, notre servante, avec son chien « Philos », fit l’office de déménageur. Le transfert s’effectua tambour battant. C’est que Philos en mettait un coup, tout heureux d’être mis à contribution, et ça y allait !...On me disait : Les gendarmes vont vous donner une contravention ! ... Précisément, nous les avons recontrés, et …Eh bien ils ont ri….Que voulez vous qu’ils fassent d’autres ? …Devant tant de bonne volonté pour parer au manque de moyens financiers, ils ne pouvaient tout de même pas nous demander de l’argent…D’autre part il n’y avait pas de vitesse limitée en ces temps encore paisibles, de toute façon, nous n’atteignons pas le 90.

         Et la petite école, rénovée, pimpante et même coquette dans son cadre de verdure retrouvait son animation d’antan. Sœur Agnés de l’EnfantJésus était enfin heureuse de voir la famille reconstituée à « Mon Repos ». Sœur Marie-Eléonore retrouvait sa cuisine, les pensionnaires, un beau dortoir au second, avec deux mignonnes petites chambres pour les surveillantes. Nous avions l’impression de tout recommencer à neuf, les années précédentes n’étaient plus qu’un mauvais cauchemar, mais qui se terminait bien.

         L’église, elle aussi, efface ses blessures et c’est une fête, quand, toutes les issues, par où nous narguaient vents et pluies, seront enfin réparées et la lèpre des murs disparue sous un crépi neuf, mettant en relief les pierres d’encadrement des fenêtres. 

 

SŒUR LUCIE

 

1957

Les élèves devenant plus nombreuses, une troisième classe est construite près de la cuisine (actuellement la classe des CM).

 

1972

Afin d'accueillir les enfants à partir de deux ans, l'école fait construire un bâtiment en préfabriqué sur le terrain du potager : il comprend une salle de classe, une salle de jeux, une salle de repos et les sanitaires.

 

1981

Une célébration et une fête commémorent le centenaire de la fondation de l'école.

 

1984

Le mois de juillet voit le départ définitif des religieuses saluées, comme il se doit, par une manifestation de sympathie.

M. Pléven prend la direction de l'établissement.

 

Depuis 1984

L'école a été l'objet de nombreux travaux de rénovation et d'agrandissement: toitures, portes et fenêtres, espaces verts, peintures, classe CM, salle de repos, lieux de rangement, et surtout la création d'un bâtiment de deux classes maternelles pour permettre l'accueil d'un nombre grandissant d'élèves, agrandissement de l'office de cantine, augmentation de l'espace de cour de récréation.

 

1990

Ouverture d'une sixième classe.

Les nombreux aménagements ont été impulsés et mis sous la responsabilités des chefs d'établissements qui se sont succédés au fil des années  (M. Pléven, M. Cordonnier, Mme Thébault, Mme Legoff). Avec la baisse de la population malouine, L'école Ste Marie fermera  deux classes.

 

2013

Changement du chef d'établissement. Mme Soizick Legoff est remplacée par Mme Katell  Lenouvel qui a pris en charge la direction de l'école maternelle et primaire Sainte-Marie à Saint-Malo après avoir assuré cette même fonction dans une école de la baie du Mont-Saint-Michel pendant 4 ans.

 

 

2018

Les nouveaux lotissements à Beauregard amènent des enfants dans le quartier. 

L'école Ste Marie réouvre une cinquième classe en septembre 2018. 

L'association OGEC accompagne Mme Lenouvel sur des projets de rénovation-construction afin de pouvoir accueillir le nombre grandissant d'élèves.

 

2020

Le projet de rénovation et de construction sur lequel l'équipe de l'OGEC et Katell Lenouvel travaillent depuis 7 ans est lancé. Les plans sont validés. L'objectif étant de penser l'avenir de  l'école sur la durée en construisant des bâtiments en dur.

Février 2021

Les travaux ont commencés, le préau va se transformer en une salle de motricité de 160m2.

Elle sera opérationnelle en septembre. Le dernier préfabriqué sera abattu cet été permettant l'agrandissement de la cours de récréation.

Septembre 2021

Les travaux d'aménagement du préau sont terminés. La nouvelle salle de motricité est opérationnelle pour le plus grand bonheur des enfants.

Septembre 2021

Les travaux vont se poursuivre en créant une maternelle toute neuve (2 classes et des sanitaires maternelle).

 

Les locaux seront prêts pour le rentrée scolaire de septembre 2022.

Septembre 2022 : une rentrée dans des locaux de maternelle neufs

30 mai 2023 : INAUGURATION des nouveaux locaux